Faire du posing entre les séries : gadget d’ego ou vrai bonus pour tes muscles ?

Le posing, c’est quoi exactement (et non, ce n’est pas juste pour Instagram)

Le posing entre les séries, c’est simplement contracter volontairement le muscle que tu viens de bosser pendant quelques secondes, souvent juste après une série. Pas une pose de culturiste sous spray tan, mais une contraction isométrique contrôlée, courte, ciblée.

Ce que dit la science (spoiler : ce n’est pas complètement débile)

Quand tu poses entre les séries, tu ajoutes une contraction isométrique à ton entraînement. Et les contractions isométriques, la littérature scientifique leur reconnaît plusieurs effets intéressants :

  • Augmentation de l’activation neuromusculaire : contracter volontairement un muscle améliore la capacité à le recruter ensuite. C’est le fameux mind-muscle connection.
  • Stress métabolique supplémentaire : maintenir une contraction limite temporairement le flux sanguin, ce qui augmente l’accumulation de métabolites (lactate, ions H⁺). Or, le stress métabolique est l’un des mécanismes clés de l’hypertrophie.
  • Meilleure perception du muscle travaillé : ça n’augmente pas magiquement les gains, mais ça t’aide à mieux cibler le muscle sur les séries suivantes.

Des études montrent que se concentrer volontairement sur le muscle cible augmente son activation EMG, surtout sur des charges modérées. Autrement dit : tu apprends à mieux utiliser ce que tu entraînes.

Ce que le posing ne fait pas

On calme tout de suite les fantasmes :

  • Non, poser 10 secondes entre les séries ne remplace pas du volume d’entraînement.
  • Non, ça ne déclenche pas une hypertrophie miraculeuse à lui seul.
  • Non, ce n’est pas comparable à un entraînement sous occlusion bien structuré.

C’est un outil complémentaire, pas un hack magique.

Comment l’utiliser intelligemment (sans flinguer ta séance)

Si tu veux tester :

  • 5 à 15 secondes de contraction volontaire
  • Intensité modérée (≈ 50–70 % de contraction max)
  • Juste après la série, avant de reprendre ta respiration
  • Sur des muscles que tu as du mal à sentir (pectoraux, dorsaux, épaules)

Évite par contre de faire ça sur toutes les séries lourdes : trop de fatigue locale peut nuire à ta performance sur la suite.

Verdict

Le posing entre les séries, ce n’est pas indispensable, mais ce n’est clairement pas inutile. Bien utilisé, ça peut améliorer ta connexion cerveau-muscle et ajouter un petit supplément de stress métabolique. Mal utilisé, ça devient juste une pause narcissique de plus entre deux séries.

Comme souvent en muscu : ce n’est pas ce que tu fais, c’est comment tu le fais.

Sources

  • Schoenfeld, B. J., Contreras, B., Vigotsky, A. D., Peterson, M. (2018). Differential effects of attentional focus strategies during long-term resistance training. European Journal of Sport Science.
  • Oranchuk, D. J., Storey, A. G., Nelson, A. R., Cronin, J. B. (2019). Isometric training and long-term adaptations: Effects of muscle length, intensity, and intent. Sports Medicine.
  • Schoenfeld, B. J. (2013). Potential mechanisms for a role of metabolic stress in hypertrophic adaptations to resistance training. Sports Medicine.
  • Evangelista, A. L. et al. (2019). Interset stretching negatively affects strength and hypertrophy in resistance-trained individuals. Journal of Strength and Conditioning Research.