C’est quoi exactement l’ego lifting ?
L’ego lifting, c’est ce moment magique où tu charges la barre non pas pour stimuler tes muscles, mais pour impressionner ton reflet, ton pote… ou un parfait inconnu. Le problème ? Ton système nerveux, tes tendons et ta technique n’ont jamais signé pour ça.
Concrètement, ça se traduit par :
- Des charges trop lourdes pour ton niveau réel
- Une amplitude raccourcie “par stratégie”
- Des compensations dignes d’un cours de contorsion
- Un risque de blessure qui explose, pendant que les gains stagnent
Plus lourd ≠ plus de muscle
Les études sont claires : l’hypertrophie dépend surtout de la tension mécanique efficace, pas du poids absolu sur la barre. Si la charge est trop lourde et que la technique s’effondre, la tension se déplace vers :
- Les articulations
- Les structures passives (ligaments, disques, tendons)
- Les muscles “parasites” qui n’étaient pas invités à la séance
Résultat : tu forces, tu triches, tu progresses moins.
La science démonte l’ego lifting
Des recherches ont montré que :
- Des charges modérées à lourdes (≈60–85 % du 1RM), exécutées avec une bonne technique et proches de l’échec, produisent autant (voire plus) d’hypertrophie que des charges maximales mal contrôlées.
- Une amplitude complète génère plus de croissance musculaire qu’une amplitude partielle… sauf si la charge est tellement lourde que tu transformes l’exercice en demi-mouvement pathétique.
- Le stress articulaire augmente fortement lorsque la charge dépasse ce que la technique peut encaisser, sans bénéfice musculaire supplémentaire.
En clair : ton ego bosse dur, tes muscles beaucoup moins.
Ego lifting et blessures : le duo toxique
L’ego lifting est fortement associé à :
- Lombalgies (merci les deadlifts arrondis)
- Tendinopathies (coudes, épaules, genoux)
- Blessures chroniques qui t’obligent à lever… des haltères roses pendant 6 mois
Les études en biomécanique montrent que les erreurs techniques sous charges élevées augmentent drastiquement les forces de cisaillement sur la colonne et les articulations. Spoiler : ton ego ne t’aidera pas à te rééduquer.
Le vrai indicateur de niveau (spoiler : ce n’est pas la charge)
Un pratiquant solide, c’est quelqu’un qui :
- Contrôle la charge du début à la fin
- Garde une technique stable même proche de l’échec
- Progresse sur le long terme, sans collectionner les blessures
La charge n’est qu’un outil. Si elle te contrôle au lieu que tu la contrôles, t’as perdu le match.
Comment enterrer définitivement l’ego lifting
- Travaille à 1–3 répétitions de l’échec, pas à l’échec nerveux
- Filme tes séries (oui, même si ça pique l’ego)
- Priorise l’amplitude et la stabilité
- Accepte de baisser la charge pour mieux progresser (tragique, mais efficace)
Soulever moins aujourd’hui, c’est souvent soulever plus longtemps demain.
Sources
- Schoenfeld, B. J. (2010). The mechanisms of muscle hypertrophy and their application to resistance training. Journal of Strength and Conditioning Research.
- Schoenfeld, B. J. et al. (2017). Strength and hypertrophy adaptations between low- vs. high-load resistance training. Journal of Strength and Conditioning Research.
- McGill, S. M. (2007). Low back disorders: evidence-based prevention and rehabilitation. Human Kinetics.
- Bloomquist, K. et al. (2013). Effect of range of motion in heavy load squatting on muscle and tendon adaptations. European Journal of Applied Physiology.
- Behm, D. G., & Anderson, K. G. (2006). The role of instability with resistance training. Journal of Strength and Conditioning Research.
